L'énigme du Château du Roi : Mary Tabor dévoile les règles du jeu
En 1938, deux ans après la mort d’Edward Bach, Mary Tabor publie « To Thine Own Self » (Fidèle à toi-même), un roman spirituel unique en son genre. Loin d’être une simple fiction, ce livre code et transmet toute la philosophie profonde du Dr Bach à travers des récits allégoriques.
Ci-dessous la traduction en français du prologue, où Mary Tabor pose les fondations de toute la philosophie du livre. À travers un conte initiatique, elle révèle le sens profond de l’incarnation : des âmes qui choisissent de « jouer » sur Terre pour transcender leurs limitations. Thèmes abordés : la mission de l’âme, le libre arbitre, l’illusion de la séparation, et surtout, l’importance cruciale de suivre sa guidance intérieure.
J’ai choisi d’ajouter des notes explicatives pour éclairer les symboles les plus importants, mais laissez d’abord le texte vous toucher intuitivement, car c’est là toute la magie de Mary Tabor : elle parle autant à notre cœur qu’à notre intellect.
Info : les notes explicatives apparaissent en survolant les numéros (ordinateur) ou en les touchant (mobile/tablette).
Il était une fois des enfants qui vivaient dans le Château du Roi. Un jour, ils se demandèrent entre eux : « Qu'allons-nous faire aujourd'hui ? »
Le Roi, ils le savaient, était occupé, et ils devaient s'amuser par eux-mêmes.
« Je sais, » dit le Garçon Aîné. « Jouons au Faire-Semblant. »
« Oui ! » crièrent-ils tous, sautant de joie avec excitation. « Oui, jouons ! »
« Si nous commençons maintenant, » dit le Garçon Aîné, « nous pourrons jouer toute la journée, et ce sera amusant. »
« Je pars en premier, » dit le Garçon Aîné. « Vous me suivez tous. Ce n'est pas loin en réalité », dit-il, montrant du doigt depuis les Portes du Château où ils se tenaient, une planète tournant lentement et plutôt laborieusement sur son axe. « Vous connaissez tous le chemin ; nous en avons si souvent parlé. »
Ils hochèrent tous la tête.
Le Garçon Aîné continua : « Ils jouent tous là-bas, mais ils ne le savent pas ; ils ont oublié. Nous allons leur montrer comment y jouer correctement.
« Maintenant, n'oubliez pas, » dit-il lentement et solennellement, « nous ne gagnerons pas, notre équipe ne gagnera pas, » et il regarda fièrement le petit groupe rassemblé à ses côtés, « à moins que nous nous SOUVENIONS. Et ce ne sera pas fini – le jeu ne sera pas terminé et gagné – tant que nous ne serons pas tous revenus ici sains et saufs, ayant chacun accompli sa part.
« C'est un travail d'équipe – chacun doit gagner son propre jeu, pour ainsi dire. Et vous y arriverez en leur montrant à tous, » il pointa à nouveau vers le bas, « que tout n'est que faire-semblant. »
« Maintenant, quand vous arriverez, vous devrez apprendre et vous habituer à leurs règles, sinon vous ne pourrez pas tout faire correctement. Jouez à leur jeu, mais à votre façon – la VRAIE façon – notre façon.
« Chaqu'un pour soi est la chose à retenir. Chacun fait sa part et ne se mêle pas des autres. Et quoi qu'il arrive, n'interférez pas les uns avec les autres, si vous vous rencontrez dans vos voyages, même si vous pensez que l'autre fait apparemment n'importe quoi. Il ne le fait pas vraiment, et vous risquez bien plus de tout gâcher si vous vous en mêlez.
« Aidez, donnez un coup de main, certainement, si on vous le demande, mais sinon laissez-les tranquilles.
« Le Mot de Passe, » continua-t-il après une pause.
« Oui, le Mot de Passe ? » crièrent-ils tous à nouveau, sautant de joie avec excitation. Le Mot de Passe était toujours si palpitant ; et c'était si terriblement important de ne pas l'oublier. Sinon, si vous rencontriez un autre, vous pourriez ne pas le reconnaître, surtout s'il était déguisé, à moins de connaître le Mot de Passe.
« Le Mot de Passe, » continua-t-il, « est : Suis ton propre désir ; jusqu'au pied de l'échafaud et au-delà . »
« Si vous rencontrez quelqu'un, vous le reconnaîtrez à cela. L'un de vous dit la première moitié, l'autre la termine correctement. Et cela vous mènera, bien sûr, partout où vous voulez aller ; cela déverrouille toutes les portes, lève tous les ponts-levis, vous porte à travers toutes les forêts sombres, ouvre toutes les portes de donjon. »
Il se détourna, puis revint : « Si l'un de vous a vraiment besoin d'aide, je serai là, » dit-il ; « mais essayez de vous débrouiller par vous-mêmes. Souvenez-vous que plus vous ferez chacun individuellement, plus de dragons seront tués. Il vaut bien mieux que chacun combatte et tue son propre dragon, » et là ses yeux brillèrent, « plutôt que tous luttent avec un seul. Car alors nous aurions sept dragons à notre actif, même si cela prend un peu plus de temps, au lieu d'un seul. Et Souvenez-vous, SUIVEZ VOTRE PROPRE DÉSIR. Celui de personne d'autre ; vous ne pouvez arriver nulle part sans cela ; si vous essayez, vous serez détournés de votre route. Et surtout méfiez-vous des suggestions venant de l'extérieur, motivées par une soi-disant affection. Si quelqu'un dit que vous devriez faire ceci ou cela, ou agir d'une certaine façon, méfiez-vous immédiatement. Ne le faites pas, à moins que vos destriers ne répondent aussitôt à l'ordre ; ils reconnaissent toujours l'Appel du Clairon, et s'il vient de vous ou de l'extérieur. Mais presque invariablement, une suggestion ou un ordre venant de l'extérieur, motivé par quelqu'un qui professe de l'affection – soi-disant – est une tentative de vous donner des ordres, de vous dicter votre conduite, et cela va contre nos règles, car cela brise le Mot de Passe.
« Maintenant, à vos destriers, ô Chevaliers ! et Dames, à vos palefrois, et en avant ! »
Et il plongea directement dans l'espace abyssal vers le jeu du Faire-Semblant. Les autres suivirent à quelques secondes d'intervalle. Ils devaient chacun ramener autant de dragons tués qu'ils le pourraient. Cela avait été convenu lors des nombreuses fois où ils avaient discuté de jouer un jour à ce jeu.
Si, au soir, chacun en avait ramené un, l'équipe aurait gagné le jeu et montré aux gens d'en bas que c'était un Jeu de Faire-Semblant. Mais si quelqu'un pouvait ramener sept dragons morts... oh ! ce serait trop excitant pour les mots.
. . .
C'est maintenant le soir. Le Garçon Aîné est de retour. Il a tué soixante-dix fois sept dragons.
Les autres sont en chemin, mais aucun n'est encore arrivé. Tous en ont tué au moins un. Certains plus.
Le Garçon Aîné va et vient pour veiller alentour, au cas où quelqu'un aurait besoin d'aide. Mais il est très content de la façon dont le Jeu se déroule.
Le Roi est assis et attend, souriant, le retour des enfants.
Invitation à la réflexion...
Ce prologue soulève des questions essentielles qui résonnent encore aujourd’hui :
Vos dragons personnels : Quels sont les « dragons » que vous portez en ce moment ? Cette peur qui vous paralyse, ce schéma qui se répète ou cette limitation que vous n’osez pas dépasser ?
Le mot de passe oublié : « Suis ton propre désir » nous dit Mary Tabor. Mais savez-vous encore distinguer vos désirs authentiques de ceux que l’on vous a imposés ? Quand avez-vous pour la dernière fois suivi votre impulsion profonde « jusqu’au pied de l’échafaud » ?
Le jeu du Faire-Semblant : Et si nous avions effectivement oublié que cette vie est un terrain d’apprentissage et non une prison ? Que changerait cette perspective dans notre quotidien ?
Mary Tabor nous rappelle que nous avons chacun notre propre bataille à mener et nos propres dragons à affronter. Personne ne peut le faire à notre place. Mais surtout, elle nous murmure que nous en avons le pouvoir… nous l’avons toujours eu !
Et vous ? Quel dragon choisirez-vous d’affronter cette semaine ?
Si vous souhaitez partager vos réflexions en commentaire…
Laurence Neige
Bonjour Laurence 🙂
Les trois questions essentielles de la fin de l’article sont précieuses et super pertinentes. J’aime la manière légère et joyeuse utilisée par Mary Tabor pour raconter et faire vivre l’histoire. Le vocabulaire utilisé, tout porte à la légèreté, à la dédramatisation de ce que l’on vit (ou croit vivre 😉 ) sur Terre. Le « jeu du faire semblant », je vais garder cette expression pour me ramener à moi-même, pour m’aider à reprendre mon esprit (ça prend toute sa signification là) et maitriser mon dragon du moment (je préfère le maitriser et en faire un partenaire plutôt que le tuer mais c’est mon côté peace and love ça.
Cette histoire et ton article font du bien, vraiment ! Merci et bravo à toi.
Et j’ai encore plus hâte de lire la suite pour faire plus ample connaissance avec Mary Tabor, surtout sous ta plume et avec ton regard (et les illustrations !!), je pense que ça risque d’être puissant ✨✨✨
Merci Val pour ton message 💖 Je savais que ce prologue allait te parler 😉
Oui, l’écriture de Mary apporte cette légèreté, ce côté joyeux qui nous rappelle que « le jeu du faire semblant » peut être un fil conducteur, une façon de dédramatiser nos propres épreuves.
Ravie que tu aies ressenti ça aussi ✨
Oui la suite est puissante !
Bonsoir Laurence,
Oui, tu as raison, ce prologue est fort intéressant !
Pour ma part je trouve que le thème fait écho à la tapisserie de la Dame à la licorne du Musée de Cluny (que tu connais sûrement) et où le déroulement des pièces tend vers la scène finale où la Dame se tient sous une banderole où est inscrit : » A MON SEUL DESIR » ….
et les analyses proposées pour cette oeuvre insistent sur le contexte de philosophie néo-platonicienne à laquelle elle se rattache…
C’est peut être une piste pour l’analyse de la pensée de Mary Tabor ?
Peux-tu nous en dire un peu plus sur les recherches des deux personnes qui ont exhumé sa mémoire ? Qu’ont ils découvert sur elle et sa vie ? Son nom est-il son vrai nom ou un nom d’emprunt ?
En tous cas, c’est génial de découvrir encore des choses autour du Docteur Bach, j’adore ton travail de chercheuse !
Avec tous mes encouragements et admiration !
Merci beaucoup pour ton message Marie-Pasquine ! 🙏
Je ne connaissais que de nom la Dame à la licorne, et ce que tu m’en dis me donne très envie d’en savoir plus et d’aller la découvrir au Musée de Cluny. C’est passionnant de voir les résonances avec Mary Tabor ! Pour ses recherches et sa vie, j’en parle plus largement lors des stages (au Centre Bach et dans celui que je prépare en ce moment).
Merci pour tes encouragements, ils me touchent beaucoup. ❤